Nous sommes nombreux à rêver de tourner sur piste avec nos motos de tous les jours. La réalisation de ce rêve est possible grace aux associations qui gèrent le circuit Carole. Ainsi, pistards ou motards du quotidien, tous se retrouvent sur ce circuit devenu légendaire.

Le circuit Carole

Inutile de te raconter à nouveau l’histoire du circuit Carole. La trés bonne vidéo qui se trouve ici  te racontera une grande partie de l’histoire de ce circuit francilien. Le circuit Carole met à disposition des motards franciliens un espace dédié à la vitesse, à la compétition professionnelle et amateur. De nombreux évènements animent le circuit règuliérement.

Pour consulter le calendrier de ces évènements, je t’invite à visiter le site du circuit Carole : http://www.circuit-carole.com/

Ces évènements permettent souvent de partager un moment en famille. Nombreux sont les motards qui laissent les gants et le casque au garage pour partager un peu de leur passion avec femmes et enfants, trop souvent délaissés durant les grands week end de virée, ou plus généralement lors des sorties club et autres balades entre amis.

A carole, y’a des pros et des amateurs bien équipés

Les teams: A carole, tu  verras de nombreuses motos préparées. Souvent améliorées au niveau du moteur (débridé) et du chassis (suspensions renforcées, freinage etc), elles sont faciles à reconnaitre avec les décorations aux couleurs de sponsors (rééls ou fictifs), et surtout elle n’ont aucun équipement leur permettant d’aborder la route (pas de plaques d’immatriculation, pas de rétroviseurs, pas de clignotants). Il existe de nombreuses Teams (écuries) plus ou moins dotées, plus ou moins pro. Il s’agit souvent de concessionnaires ou de préparateurs, dédiant une partie des revenus et des ressources de leur entreprise à cette passion de la compétition: les veinards !

Les teams de potes ou motos personnelles: Là encore, il s’agit de motos dédiées à la piste. Ce sont souvent des amateurs, des potes ayant acheté une moto en commun pour l’user à Carole sans trop de risques. Ces motos sont souvent tombées et rafistolées avec les moyens du bord. On voit vite qu’on a affaire à des machines bénéficiant de moins de moyen même si la passion reste intact. Ces machines ne prennent pas la route et arrivent et repartent sur des remorques ou des vieux camions transformés en atelier mécanique mobile.

Pour tourner avec ces machines dédiées à la piste, il faut une licence de pilotage.

Aprés la peur, la rage !

A Carole, tu trouveras aussi le motard de tous les jours et le motard du dimanche: Cette fois, ce sont bien des machines de route que l’on voit tourner sur le circuit. Plaques, phares, clignotants, tout y est. Elles arrivent et repartent par leur propre moyen (dans le meilleur des cas). Ces pilotes amateurs ne bénéficient pas de toute l’infrastructure des autres teams. Ils sont pilotes occasionnels et ça se voit sur le circuit. Ce sont, paradoxalement, les motards qui prennent le plus de risques pour les plus mauvaises performances.

D’abord leur moto n’étant pas dédiée à la piste, en cas de chute et de destruction (totale ou partielle), le choc financier est important, car trés souvent, il y a un crédit à rembourser. La casse des équipements routes (rétro, cligno, phares), les carénages d’origines, l’absence de protection (roulettes, protection du pot), alourdissent considérablement la note par rapport à une moto piste, débarassée de tout équipement d’homologation route, et habillée d’un carénage en poly plus résistant et moins cher que le fragile plastique d’origine.

Le motard occasionnel est aussi un pilote moins chevroné, peu habitué aus frasques d’une machine dont on exploite rarement tout le potentiel. Les « tout droit », les « pertes de l’avant » ou le « high side » sont embusqués à chaque virage, au bout de chaque ligne droite.

Enfin, les assurances sont récalcitrantes de nature. Lorsqu’on se gauffre sur piste, ça devient beaucoup plus compliqué.

Alors voilà tout ce qui tracasse notre pilote amateur, venu avec sa moto de tous les jours. Sa faible expérience alors qu’il est entouré de fous furieux (ceux qui chassent le chrono), son crédit pour finir de payer la moto,  et surtout le risque de plier en quatre la moto qui servira à l’enmener au boulot le lendemain matin. N’oublions pas d’ajouter les inévitables complications en cas de chute (rapatriement de la moto, annonce à Madame que l’argent des vacances a laissé une trace de 20 métres juste avant le bac à sable).

Mais comme dit mon ami Hocine, aprés la peur, la RAGE !

Ne dramatisons pas non plus, mais tous les week end, y’en a forcément une poignée qui viendront racler leur flans et rentrer en ambulance. Par contre, rares sont les blessures graves ou les décès, et c’est là tout l’intérêt du circuit.

Une équipe de passionnés

Sans l’encadrement, Carole serait une vaste zone d’anarchie, comme on les aime tant. Mais l’anarchie ne dure pas, et tôt ou tard, les bleus seraient venus reprendre le contrôle. C’est donc grâce à l’encadrement, aux associations qui y travaillent, que le rêve reste possible pour tous. L’encadrement est constitué de bénévoles, assurant les contrôles de sécurité des motos et des pilotes, la remise en état de la chaussée, la prise en charge immédiate en cas de chute etc…

Tout le monde peut être bénévole à Carole et sans cette dévotion passionnée, le circuit n’aurait jamais existé. Enfin, tous les motards qui ont eu à monter dans le camion suite à une chute saluent le professionnalisme et la chaleur de l’équipe.

Parcontre, pas de stunt, pas de rupteurs, la kéké attitude n’est pas autorisée à Carole. Pour le stunt, on reste dans le sauvage, l’improvisé du vendredi soir dans une zone industrielle. Le circuit a pourtant un espace, une route fermée qui fait tout le tour et qui pourrait servir à cette activité, largement décriée en France. C’est dommage, mais nos politiques, même motards, sont autistes.

Nos amis les photographes

Tourner à Carole, c’est bien, tu en garderas un souvenir plein d’adrenaline et de satisfaction. Mais en avoir un souvenir unique, une photo en action, c’est géant et ça paie un peu le risque encouru. Car, sans photos, comment prouver à tes futurs petits enfants que tu étais ce jeune pilote sans peur, surmontant cette machine hyperpuissante ?

Ce plaisir, immense, nous le devons aux photographes, amateurs éclairés et professionnels, qui viennent réguliérement à Carole avec leurs énormes téléobjectifs (300 mm, 500mm, voir plus…).

La qualité des photos est bluffante, la scène immortalisé est le meilleur cadeau qu’on puisse faire !

Et n’oublions pas que ces photos sont en plus… gratuites ! Quand on connait le prix des équipements utilisés et le temps important que passent les photographes à réaliser les clichés, les retraiter et ensuite les poster sur le net, on ne peut que saluer encore plus bas leur engagement et leur passion.

Et moi, ma photo ?

Alors, de retour de Carole, que fais un motard ? Il se connecte sur les sites de partage de photos qu’utilisent les photographes pour mettre à disposition gratuitement les photos prises le jour même ou la veille. Là, commence une attente qui peut être parfois longue. On attends avec impatience de voir apparaitre sa moto, son casque, ses gants, et de pouvoir crier « c’est moi !!! ».

« Viens voir fiston, mate papa comment il se la raconte sur sa CBR. Regarde Chérie, c’est moi là, à Carole. »

J’ai recensé à ce jour deux sites qui diffusent ces photos:

Le site des transformistes du circuit Carole est le premier que j’ai connu, il propose un espace de partage entre motards et photographes, et cela depuis 2007. A ce jour, il reste le site le plus actif et le plus fréquenté par les deux communautés:

http://www.transformistes-carole.com/ 

Explication du nom transformistes par bobosse, le webmaster /admin /animateur:

« Ce nom nous viens de transformiste77, « mon frére » qui nous a surnomés ainsi car à chaque teuf , chouille , et autres beuveries en tout genre , alors que la nuit tombe et que les differents breuvages d’alcolique ont fait leurs effets , et bien certains finissent à poils ou en slip !!!!!!

Quand l’idée de création de ce forum a poussé dans nos pauvres p’tites têtes et que nous cherchions un nom et bah c’est celui la qui est sorti , car bien comme nous ! pas de prise de tête et toujours le délire comme moteur de folie »

Le site Esprit-racing semble plus ancien. On retrouve des posts datant de 2005. le site propose un portail d’information motard et un forum dédié aux innombrables prises de vue.

http://forum.esprit-racing.com/.

Sur Esprit Racing, le forum trés basique ne contient que les photos. Il est ainsi plus clair, plus facile à lire.

Que faut il pour tourner à Carole ?

1- Une moto: L’idéal serait d’avoir une moto. Les roadsters sont nombreux ainsi que les sportives légères. Vous ne verrez jamais un Hayabusa sur le circuit, car ces motos sont lourdes et peu enclines aux manipulations techniques nécessaires au pilotage à Carole. Nous voyons aussi quelques trails, mais plus souvent des supermotards. La moto doit être en bon état, pas de fuites d’huiles, organes de sécurité sains (pneus, freins etc). On peut aussi tourner avec une 125. Des séssions pour 125 sont prévus tous les week end.

2-Les papiers: inutile de te présenter à Carole sans tes papiers. Pour tourner, on va te demander l’assurance (route), le permis de conduire, la carte grise.

3-Un minimum d’équipement: Gants sport renforcés en cuir (ayant une attache pour éviter l’arrachement du gant), un pantalon moto en cuir, un blouson en cuir, des bottes moto, un casque en bon état.

Ce n’est pas obligatoire, mais Il n’est pas idiot de préparer une petite carte contenant quelques informations importantes en cas de chute. Le groupe sanguin, des éventuelles informations sur vos allergies, le numéro d’urgence à joindre, le numéro de sécurité social. Cette carte de vie devrait être obligatoire pour toutes les personnes circulant à deux roues (circuit ou pas).

Quand tourner à Carole ?

Lorsque les sessions sont ouvertes aux motards, tu auras le choix entre les sessions libres gratuites (le vendredi, samedi, dimanche) ou les sessions payantes en semaine.

L’encadrement est meilleur lors des sessions payantes en semaine (environ 20euros de l’heure).

Il y a généralement moins de monde sur le circuit. Il faut parcontre éviter les jours où des teams sont à l’entrainement en vue d’une compétition à venir.

Lors des sessions libres, on doit faire la queue car il y a beaucoup de monde. Des groupes d’une vingtaine de motos sont lancés sur le circuit à tour de rôle pour environ 15 à 20 minutes. Quand on sort du circuit, on doit refaire la queue.

Lors des sessions payantes, on entre sur le circuit quand on veut, on en sort quand on veut. C’est idéal pour faire un premier tour de piste, se familiariser avec les prises d’angle, les freinages etc.

Des stages de pilotage

Malheureusement, ces stages sont chers et ne se déroulent qu’en semaine. Cependant, c’est un moyen idéal pour s’initier dans les meilleures conditions. Sur certains stages, tu repars avec le genou rapé, c’est dire si on te fait progresser à grands pas !

Mon experience, le circuit vu par un newbee

Au total, j’ai fait trois sessions à Carole.

La premiére fois c’est avec ma Z1000, toute neuve, sortie du garage quelques semaines auparavant. Le plus dur, ce fut d’oublier les reflexes de la route et j’ai fait n’importe quoi tout le long de la session.

Mauvais passage de vitesse, avec un énorme klong lorsque j’arriverais en point mort dans la courbe et qu’il fallait repasser la 2eme en urgence. Mise des clignotants à presque chaque virage (erf, impossible de contrôler ce reflexe) et surtout flippe intégrale des autres motards, nettement plus rapides que moi. N’oublions pas que j’ai câlé au départ sur la pré-grille et des trajectoires flippantes pour ceux qui me suivaient (mon frère avait tout filmé en vidéo).

En bref, une session terrifiante, mais grisante ! J’avais aussi en tête les dizaines de conseils des uns et des autres (ne met pas de gaz ici, gaffe à la remise des gazs là, fais gaffe y’a une bosse, attention au couple, ne regarde pas derriere, place ta roue comme ça etc)…

La deuxième fois, session payante avec la CBR. En semaine, un jeudi je crois. Petite session payante à Carole mais quel plaisir ! J’ai endossé le gilet jaune pour prévenir qu’il y avait un boulet sur le circuit. C’est pas super pour le look mais c’est plus poli envers les autres motards. La session payante m’a permis de tourner à mon ryhtme. Dés que je commençais à me sentir « trop » confiant, je sortais calmer mes ardeurs cinq minutes. Puis j’y retournais et au bout de quelques tours, re-sortie. En fait, je sortais dés que la moto commençait à montrer des signes inconnus face à la rage de vouloir la pousser toujours plus loin (léger glissé de l’arriére, freinage trop tardif et amorce d’un tout droit, remise des gazs un peu dure en sortie avec une moto qui prévient une fois, mais pas deux).  

La troisiéme fois, session libre et cette fois ci, deux sessions d’affilée. Cette fois là, j’arrive avec ma CBR que je connais beaucoup mieux qu’avant. Mais je reste trés touriste dans mes premiers tours. J’ai pas contrôlé la pression des pneus, et la piste est un peu humide. Lors de la deuxième session, je me suis fait beaucoup plus plaisir, sans aucune frayeur ! Je me suis même permis de dépasser une ou deux motos. Ca fait bizarre d’arriver au cul d’une moto qui se traine, puis comme un grand, attendre le moment opportun pour faire l’intérieur ou l’extérieur. Cette troisième sortie a aussi vu ma peur de l’autre disparaitre. Je ne calcule plus les motos qui me suivent et certains me frolent au dépassement mais je ne les calcule plus, ce qui se ressent dans mes trajectoires et plus globalement sur le déroulement de toute ma session.

Pourtant, une certaine appréhension me hante. Même si la peur de l’autre a disparu, je n’arrive pas à exploiter la machine comme je le voudrais car j’ai beaucoup trop peur d’abimer mon jouet de luxe. Je regarde avec envie ces R6 pistes, bardées de scotchs et dont les trous du poly sont bouchés à la fibre de verre. C’est vraiment ça qu’il me faut pour pousser au maximum de mes capacités, sans retenue, jusqu’au tapis.

En conclusion

Le circuit Carole est un élément essentiel de la vie motarde en Ile de France. Qu’on y tourne ou pas, il reste un lieu de rendez vous essentiel et trés fréquenté le week end. Pourtant, il reste menacé de fermeture pour des raisons économiques. Son terrain est convoité pour construire une zone industrielle stérile et puante. Le plaisir de prendre de l’angle, de s’amuser à chasser le chrono risque de disparaitre pour toujours. Seuls les plus fortunés pourront continuer à enmener leurs motos sur d’autres circuits. Les autres, les motards comme moi, ne connaitront plus la joie que procure un circuit et la chance immensen d’exploiter une moto tous les jours brimées par la circulation, le danger des infrastructures et les contrôles de police.

En gros, menace sur nos libertés, encore et toujours ! C’est pour cela que la mobilisation reste importante !

Bon , maintenant si tu es motard, n’hésite pas:

- à adhérer à la FFMC est un devoir ! -> http://www.ffmc.asso.fr/spip.php?rubrique99

- à faire un don à Esprit-racing pour soutenir leur inestimable travail !

Bonne route à toi !